Mont-Dauphin est une fortification de Vauban inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 2008
armoiries de Mont-Dauphin

Un jour d'été 1746: fête tragique à Mont-Dauphin

27-01-2014

(Extrait de "Un ingénieur Vaudois au service du Roy" de Jean Bourcet qui reprend le journal de Pierre Bourcet (1700-1780) qui servit comme ingénieur en chef à Mont-Dauphin. Avec nos remerciements à l'auteur). 

"Dans tout le royaume, la prise de Mons (NDLR: 12 août 1746) donna lieu à des réjouissances ordonnées par Sa Majesté (NDLR: Louis XV). Les victoires étaient d'autant plus fêtées qu'elles étaient rares. Il fallait entretenir l'espoir du peuple pour l'aider à supporter les sacrifices que ces guerres, incessantes et longues, entraînaient.

A Mont-Dauphin,  ces réjouissances furent retardées jusqu'au dimanche 14 août afin de leur donner plus grand lustre en les accolant à la fête de l'Assomption. Elles eurent lieu à trois heures de l'après-midi à l'issue de vêpres un peu écourtées pour l'occasion.

Les troupes furent rangées sur les bastions entre les remparts et le fossé. Le public pouvait ainsi admirer la prestation des artilleurs sans les importuner par une présence trop rapprochée.

  Les rangs des militaires étaient plus clairs qu'à l'accoutumée, car beaucoup étaient à cette heure sous les armes en Italie. Le détachement était placé sous le commandement de l'officier Monsieur de la Chapelle.

Les deux premières décharges firent beaucoup de bruit. C'était le but recherché ; les pièces étaient chargées à blanc.

Le nommé Jean Viguié, dit Belle Humeur, caporal de la compagnie de Vareix au régiment de Royal-Artillerie, rechargeait une pièce de vingt-quatre. Il mit la lanterne avec la poudre dans la volée (tube du canon).

Le feu prit dans la pièce, emporta le caporal et le projeta dans le fossé de la citadelle.

Le chirurgien major Lafont et le curé Debardonnèche se précipitèrent pour lui apporter une assistance physique ou au moins morale. Même l'extrême onction ne pût lui être administrée car il expira sur le champ. 

Cette mort au grand soleil d'un après-midi de plein été semblait particulièrement absurde. Après un instant de présence auprès du corps du défunt, les gens se séparèrent et regagnèrent silencieusement leurs demeures."

 

 

 

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